Elle est allègrement contournée car il me semble que ce n’est pas un produit (l’OS) qui est vendu avec un autre (la machine) mais bien un “pack” et qu’il est considéré que le premier permet l’utilisation dans de bonne conditions de la machine qui, si elle était vendue “nue” ne pourrait pas immédiatement servir. Il y a une histoire dans le texte que nous a sorti tycho qui fait qu’on peut la lire avec un sens du genre “vente liée de 2 produits distincs interdite mais il faut voir pour 2 dont l’un ne pourrait fonctionner sans l’autre”. Je ne me rappelle pas bien, mais il me semble que c’est difficile de coincer les distributeurs là dessus, justement à cause de la lecture qui peut être faite de cette loi.
Il y a un biais dans ce genre… après il est clair que la plupart des acteurs du circuit s’en cognent de toute façon allègrement.
Le vrai problème c’est que les distributeurs lisent la loi comme il leur plait, les gens qui ne veulent pas de packs font pareil et il n’y a pas d’alternative avec un minimum de notoriété au milieu pour faire tampon, donc rien ne bouge. La plupart des assembleurs qui proposent un Unix installé sur leurs machines n’ont que peu ou pas de visibilité auprès du grand public du fait même que, pour la plupart des gens Unix, le libre et tout plein d’autres concepts du même métal restent une “curiosité d’informaticien”. Même si les lignes commencent à bouger petit à petit grâce à certains logiciels qui finissent par percer.
Ca va finir par changer, mais il me parait évident que cela va prendre du temps, que cela soit à causes des habitudes qu’ont les gens, les préjugés qui sont toujours présents, entre le “ça bug tout le temps et y’a qu’une grosse ligne de commande et pas de fenêtre” et “le code est disponible et le système pas cher par rapport à la concurence qui pond des trucs verrouillés et les vend à prix d’or : c’est louche”.
Je pense que la loi telle qu’on souhaiterait qu’elle soit appliquée ne le sera que lorsque l’on trouvera normal que certaines personnes souhaitent installer leur os eux mêmes (ou en tout cas avoir le choix lors de leur achat), qu’ils ne seront pas ultra-minoritaires, et surtout que l’on disposera d’une offre en rapport avec ce désir dans les magasins “grand public” (ce qui n’est pas pour demain mais bon …).