Voilà, j’ai «forké» le sujet…
Sinon, avoir des exigences de forme sur l’orthographe et la syntaxe n’est pas forcément une discrimination. La qualité de la langue et la précision du langage est une exigence qui s’adresse tout autant aux gens des beaux quartiers comme à ceux de la plaine St Denis et crois moi, ils en sont capables. Encore faut-il leur dire que c’est important (car ça l’est). Croire que cela est plus dur pour les gens de milieux populaires est une erreur, simplement dans les milieux aisés, les élèves sont plus poussés sur ce point car l’importance est connu.
Je vais développer un peu en généralisant le propos: Prenons ce qui est considéré comme la panacée de la réussite: les classes préparatoires, l’effectif des classes préparatoires a plus que doublé depuis les années 80, alors qu’à l’époque, seul les 4-5 premiers des Tle C ou Tle E allaient en prépa, maintenant le recrutement va au delà de la première moitié des TS, bref il est bcp plus facile qu’avant d’aller en prépas. Pourtant, au fil des années les candidatures des lycées de banlieues populaires baissent. Pourquoi? Parce que à force de répéter que c’est cuit d’avance, que les jeunes des banlieues n’y arriveront pas face aux fils à papa, etc on les décourage, parce qu’à force de leur dire de porter leurs efforts là où ils auront plus de difficultés parce que moins poussés par leur milieu, on a désormais tendance à les excuser au lieu de se substituer au dit milieu pour les pousser. En fait c’est quelque chose de général: Chaque fois qu’une filière prestigieuse a élargi son recrutement, cet élargissement a surtout profité aux classes aisées (je ne connais pas d’exception). Il n’y a jamais eu autant d’instituteurs/professeurs issus des couches populaires que lorsque le recrutement se faisait en seconde, à un moment où les élèves avaient tous à peu près la même confiance en leurs chances et leur avenir. Je pense que mettre des filières sélectives dès la seconde serait l’un des meilleurs moyens de diminuer le biais social dans la réussite scolaire.
Tu as tort de croire que l’argent aide à l’éducation, ce qui aide c’est la croyance en l’utilité de ce qu’on apprend et la confiance: un fils à papa entend depuis le début l’importance de bien s’exprimer, de bien comprendre telle ou telle notion et finit par savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Qui va dire cela à un gars de banlieue?
C’est d’autant plus important que parallèlement à ce discours voulant minorer la forme et la précision de la langue, on a un discours qui fustige les matières scientifiques entre autres les maths (où l’entourage familial et sociologique a guère d’influence (c’est une affirmation)) et qui porte un poids de plus en plus important sur la présentation et le discours: on développe les TPE, les TIPE, on fait des sujets en lettres de plus en plus difficiles (délirants même) avec des auteurs dont la modernité du discours et l’intérêt pour les élèves sont largement discutables (Malebranche ou Saint Augustin par exemple). En résumé, on diminue le poids des matières où le biais social est faible, on augmente le poids des autres matières, on rajoute des épreuves où le biais est manifeste, et on dit de moins en moins aux élèves de banlieues l’importance de ce qu’ils apprennent, entre autres d’avoir une expression juste et précise (crois moi, ça n’est pas une question d’orthographe).
Finalement, je crois au contraire qu’exiger de tous une rédaction un minimum précise (ce qui ne veut pas dire être maniaque de l’orthographe) et structurée et ce dès le début est un moyen important de diminuer la discrimination.
[pff, un peu décousu, mais je n’ai plus le temps de relire, désolé]