on est d’accord. sauf sur les définitions…
Les instructeurs instruisent: de l’orthographe, des mathématiques, des sciences, de l’histoire et d’autres outils mentaux développant l’intelligence.
L’éducation est plus de l’ordre du civisme et de la morale, visant à développer les comportements relationnels, sociaux et l’éthique, principalement par l’exemple et le dialogue adapté, donc avant tout des parents (qui font — ou pas — ce qu’ils peuvent.)
Quant au rôle des parents (et plus tard des amis) dans l’apprentissage de l’orthographe il peut être un appoint conséquent.
D’ailleurs, en parler ici, n’est-ce pas une façon amicale de motiver, voir d’aider ceux qui en ont le plus besoin?
si ça pouvait n’être que le dernier!
Mais il est vrai que tout ce qui touche malencontreusement à la langue est fondamental (les malheurs du monde… la novlangue… etc.)
Quant aux définitions (encore la langue!) de la république et de la démocratie, nous avons déjà eu cette discussion.
Votre définition (ou la mienne?) me semble être l’une de ces déformations, déjà ancienne, au moins la IIIe république — depuis quand l’ «instruction publique» a-t-elle été confiée à un ministère de «l’éducation nationale» ?— qui inverse le sens et la forme).
Pour moi, je m’en tiens au sens initial:
Republique (Res Publica) à Rome et déjà à Athène signifiait «le bien commun», que l’on peut décrire par l’espace publique, le service public. Démocratie, l’organisation idéale du pouvoir politique par le peuple (les élections, l’expression libre etc.) et pour le peuple (le sens le plus discutable quand il s’agit de définir «le peuple» et surtout de «le» mettre d’accord avec chacun de ses membres!)
Je reconnais bien volontiers que par métonymie on associe ce mot à toute forme de gouvernement de «la république» , mais c’est justement ce qui fait que pour les uns (la droite, qui vise à livrer tout service public au marché, pourvu qu’il soit «rentable» financièrement, et dont certains se proclament républicains), la république est destinée à servir ceux qui s’en emparent («les méritant», en réalité, les puissants) alors que pour les autres (plutôt la gauche, en principe), c’est un bien sacré, intouchable, qui doit être mis à disposition de tous.
De même on peut aussi désigner la démocratie comme l’idéal de la justice, de liberté, l’égalité et fraternité, (bien que ce dernier soit de plus en plus oublié ou, au mieux, relégué à des communautarismes rivaux d’un «peuple» composé de plus en plus de «chacun pour soi», autre méfait du capitalisme débridé, décomplexé comme disait Simplet.)
Sur le fond je crois que nous sommes à peu près d’accord, mais où on illustre bien, qu’au delà de l’orthographe, les mots ont bien besoin d’être définis.
C’est d’ailleurs une obligation pour toute publication scientifique, généralement très pauvre sur le plan littéraire.
A contrario, toute la richesse de la littérature est au contraire de jouer avec la polysémie, les ambiguïtés, les jeux d’assonances etc. pour en extraire du sens vivant, de l’humain dans toute sa dimension sensible.
Parmi mes lectures préférées, il y a le dictionnaire historique de la langue française, dirigé par feu Alain Ray, dont certains mots illustrent bien cette difficulté.
Enfin, sur la question de l’utopie, je ne crois toujours pas qu’aucun progrès n’ait été déclenché sans une curiosité, un rêve, un espoir avec un minimum de représentation; appliqué au plan social ou politique, c’est ce que signifie utopie, je crois; et je crois — jusqu’à preuve du contraire — que la décadence d’une société est surtout le résultat du conservatisme formel (le réalisme politique des capitalistes, mais pas seulement) et que la vitalité humaine (pour ne pas dire humaniste) est au contraire le résultat rarement abouti, parfait — du verbe parfaire: achever — d’un désir, d’un rêve, de l’idée de ce qui n’existe pas encore et que l’on espère faire progresser.
Le problème du capitalisme n’est pas celui du progrès technique, mais au contraire du progrès humain. Or le capitalisme fait le plus souvent obstacle au progrès humain en appliquant le progrès technique à renforcer l’aliénation sociale et culturelle des individus (Marx aurait mis l’économique en 1er), parfois des dominants eux-même (l’actualité internationale foisonne d’exemples!).
Entre équilibre statique et équilibre dynamique, la vie est par essence en perpétuel changement, donc dynamique, mais les règles de la physique et de la biologie sont fixes.
Faire cette différence est fondamentale, mais devient vite un défi à la connaissance.
Bien heureux d’avoir ici l’occasion de débattre de la langue et du sens de la vie — car je reconnais être très très réticent à l’usage des réseaux pas souvent si sociaux, d’après ce que j’en entend dire.
Je ne sais si je dois d’ailleurs me réjouir d’entrer de cette façon dans le débat démocratique.
Pour en revenir au sujet, l’orthographe est importante d’abord pour la clarté de ce qu’elle exprime, et secondairement — peut-être ou peut-être pas — par ce qu’elle porte de l’histoire de la langue et de la pensée, de l’évolution mes meurs de ceux dont, francophone, nous héritons. Cependant, il faut aussi être tolérant avec ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier de sa beauté, soit par hasard, soit par autres choix, supporter ce qui nous irrite, et tenter de les comprendre si on le souhaite vraiment.
Merci de pardonner mes probables fautes d’orthographes…
Bien libristement à tousp